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Lutte contre l’orpaillage en Côte d’Ivoire: le député Léandre Koffi propose de mettre l’exploitation de l’or à l’arrêt pendant cinq ans
Hier, 21:02

Léandre Koffi fait une proposition pour la lutte contre l’orpaillage

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Le député de la circonscription 052, regroupant Yamoussoukro sous-préfecture, Kossou commune et sous-préfecture, l’honorable Léandre Koffi veut frapper fort dans la lutte contre l’orpaillage clandestin. Face à l’ampleur de ce fléau et à ses conséquences sur l’environnement, les terres et les cours d’eau, l’élu propose une mesure radicale : suspendre pendant au moins cinq ans toute exploitation aurifère en Côte d’Ivoire, qu’elle soit légale ou clandestine. 

Dans une déclaration dont copie est parvenue à pressecotedivoire.ci, il estime qu’une « mise à zéro » est nécessaire pour assainir un secteur devenu préoccupant. « Je propose qu’on interdise complètement et tout simplement l’exploitation d’or en Côte d’Ivoire pendant au moins 5 ans », tranche Léandre Koffi. Pour le député, cette suspension générale serait le préalable indispensable à une véritable remise à plat de l’activité aurifère. L’objectif n’est pas seulement de combattre les exploitations clandestines. Il s’agit également de mettre sous surveillance les pratiques des opérateurs officiellement autorisés, pour assainir durablement le secteur.

Le parlementaire justifie cette proposition par l’urgence environnementale. Pour lui, pendant ces cinq années, la nature pourrait commencer à se régénérer. 

Une préoccupation qui prend chez lui une dimension générationnelle. « Qu’allons-nous laisser à nos enfants ? », interroge-t-il, convaincu que les conséquences de la destruction des terres, des forêts et des cours d’eau finiront par toucher l’ensemble de la population.

Léandre Koffi refuse de réduire l’orpaillage clandestin à une querelle politique. « L’orpaillage clandestin n’est pas une question de politique ou de parti politique », insiste-t-il. Pour lui, le phénomène constitue d’abord une question nationale, qui appelle une réponse collective. L’autre aspect explosif du plaidoyer concerne les exploitations dites légales. Le député affirme que certaines d’entre elles auraient recours aux cours d’eau, une pratique sur laquelle il dit avoir demandé une enquête. « Certaines exploitations dites légales utilisent les cours d’eau. Avec les parlementaires, on va demander une enquête à ce sujet », annonce-t-il. Durant la période de suspension, Léandre Koffi souhaite que les parlementaires puissent convoquer les grandes entreprises du secteur afin qu’elles viennent expliquer concrètement leurs méthodes de travail, leurs mécanismes de production et leur impact sur l’environnement. Car, derrière l’orpaillage clandestin, le député voit aussi des zones d’ombre économiques qu’il faut impérativement éclaircir. Qui achète l’or extrait clandestinement ? Comment des exploitants artisanaux illégaux arrivent-ils à se procurer du mercure et du cyanure, produits particulièrement dangereux pour les écosystèmes et la santé humaine ? Pour Léandre Koffi, ces questions essentielles méritent des réponses claires. S’attaquer uniquement aux petits orpailleurs, sans remonter la chaîne de financement, d’approvisionnement et de commercialisation, reviendrait à traiter les symptômes sans s’attaquer au système. L’élu refuse d’ailleurs que toute la responsabilité soit reportée sur le ministère des Eaux et Forêts. « Inutile d’accuser le pauvre ministère des Eaux et Forêts dont les grandes sensibilisations tombent à chaque fois dans les oreilles de sourds », lance-t-il.

Son message est donc clair : la Côte d’Ivoire doit choisir la préservation de son patrimoine naturel pour les générations futures. 

Solange ARALAMON

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