Pierre Mélagne (Maître de chœur de la chorale Saint Antoine de Padoue) : « la musique grégorienne est l'âme de l'église catholique ...»
Maestro Pierre Mélagne, le chef d'orchestre de la chorale Saint Antoine de Padoue
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Pierre Mélagne est le maitre de chœur principal de
la chorale Saint-Antoine de Padoue de la paroisse Notre Dame de l’Assomption de
Koumassi-Prodomo. Depuis plus de 40 ans, cet enseignant de métier, marié, père
et grand-père, dirige cette chorale avec
toute la rigueur qui le caractérise. Une belle expérience mise au service des
plus jeunes qu’il prend le temps de former. Il a accepté de nous parler de sa
carrière toute aussi exaltante que pleine de défis.
Depuis
combien d'années exercez-vous en qualité de maître de chœur dans cette chorale?
Cela fait 40 ans maintenant que je suis en service à
la chorale.
40
ans c'est beaucoup, dans la gestion des hommes, c'est beaucoup, dans la gestion
d'un groupe liturgique. Que retenez-vous de votre parcours avec cette chorale ?
Je peux dire
que c'est un parcours qui n'a pas été facile, mais avec la grâce de Dieu, on
connaît les moments heureux et il y en a plus que les moments de peine. Je note
qu’ il y a une constance avec les membres. Il est vrai que l’effectif se renouvelle à 10% au moins chaque année,
mais il y a toujours des anciens et cela
fait plaisir.
Un
groupe qui tient la route depuis 40ans a forcément un secret. Quel est celui de
votre chorale ?
Cette chorale tire sa force grâce à ce qu'on appelle
la diaspora. Il s’agit des choristes qui
n’habitent plus le quartier ou même la commune, mais qui trouvent les moyens
d’être toujours là pour chanter. C’est la plus grande force de notre chorale. Je tiens à leur dire
merci.
Après
ces années, vous, en tant que maître de chœur principal, vous avez formé des jeunes générations de maîtres de
chœur. A combien pouvez-vous les estimer
?
Je n’ai pas le nombre exact en tête, mais je sais
que j'ai formé des maîtres de chœur qui exercent aussi bien au sein de la
chorale, qu’ailleurs. Je peux citer entre autres deux jeunes dames qui
s’occupent de la chorale Saint Dominique Savio de notre paroisse et à la paroisse Saint-Joseph
de Koumassi. Il y a aussi Mme Pango Denise épouse Bédi qui est issue d'une famille de musiciens et que j’ai formé.
Sans oublier Marina du Chœur Ecclésial du Diocèse de Grand-Bassam.
Et
aujourd'hui, quel regard portez-vous sur cette jeune génération ?
Aujourd'hui, les choses ont changé. J'ai un bon
regard positif. Parce que, qu'il soit l'évolution de la musique ou alors de ce
que nous faisons, la formation musicale n'a pas changé. Il faut s'approprier d'abord
la musique, parce que moi-même, j'ai eu ma formation à l'INSAAC pendant 7 ans.
Donc, ce que je fais, c'est vrai, ça ne peut pas être parfait à 100%, mais je
crois que personne ne peut venir me contredire dans ce que je fais, parce que
je fais beaucoup attention à la musique que j'ai apprise. Donc, ceux que je forme
aussi, je leur donne vraiment tout ce que je possède, tout ce que je sais, pour
que leur intervention dans leur groupe, leur formation, ils puissent s'apprécier.
Maintenant, quant à la musique moderne, il faut dire que ce sont des jeunes qui
la pratiquent et ces derniers sont beaucoup portés vers les nouvelles sonorités.
Mais je vais les exhorter aux anciennes méthodes, telles que la musique
grégorienne, car c’est l'âme de l'église catholique. Quand tu vas quelque part
dans n’importe quel pays, si tu ne comprends pas la langue et que la messe est
dite en latin, tu te retrouves. Donc, c'est ce que j'essaie de continuer.
Je
suis très admirative du maître de chœur très calme et très posé que vous êtes
depuis ces années. D’où tirez-vous cette sérénité ?
Cela vient d'abord de mon éducation. Je suis sorti
des milieux où on ne fait pas trop de tapages. C'est cette éducation qui me suit. Aussi,
je suis très suis calme parce que j'avais souhaité être prêtre.
Malheureusement, je n'ai pas pu parce qu'il y a eu un problème avec mes
parents. Et ça fait que j'ai eu vraiment de la concentration. Et ça m'est
resté.
Réalisée par Solange ARALAMON
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