Lutte contre la corruption : la Haute autorité pour la bonne gouvernance dévoile les secteurs les plus visés par des dénonciations
Le président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance a dévoilé les secteurs les dénoncés
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Les secteurs de l’Intérieur et de la Sécurité, de la Santé, de la Construction et du Logement, ainsi que ceux de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Défense figurent parmi les administrations les plus concernées par les dénonciations de faits présumés de corruption enregistrées par la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG).
Cette révélation a été faite par le président de l’institution, Épiphane Zoro Bi Ballo, lors de la tribune d’échanges « Les Grands rendez-vous de l’AIP », organisée jeudi 4 juin 2026 à Abidjan, autour du thème : « Bonne gouvernance et lutte contre la corruption : quels leviers pour renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs en Côte d’Ivoire ? ».
Selon lui, ces secteurs concentrent l’essentiel des signalements parce qu’ils sont en contact fréquent avec les usagers dans la délivrance des services publics.
« Les secteurs les plus concernés par ces dénonciations sont notamment ceux de l’Intérieur et de la Sécurité, de la Santé, de la Construction, de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Défense », a-t-il indiqué.
Le président de la HABG a précisé qu’entre 2023 et 2026, l’institution a enregistré 1.544 saisines contre 1.190 sur l’ensemble de la période 2014-2022. Parmi ces saisines, 75 % sont constituées de dénonciations et 24 % de plaintes.
Pour illustrer la réalité du phénomène, M. Zoro Bi Ballo a évoqué plusieurs affaires traitées récemment par les services de la HABG. Dans le secteur de la santé, une enquête ouverte en septembre 2024 à la suite d’une dénonciation sur la plateforme numérique Signalis a conduit à l’interpellation de trois agents publics exerçant à l’Institut national d’hygiène publique de Treichville. Les investigations ont mis en évidence des pratiques présumées de perception de paiements irréguliers auprès de patients, en dehors des circuits officiels.
Dans le domaine du foncier et du logement, les équipes de la HABG ont également procédé à l’arrestation en flagrant délit d’un agent public accusé d’exiger entre 500.000 FCFA et un million de FCFA à des usagers pour la délivrance d’actes administratifs, notamment des arrêtés de concession définitive (ACD).
Au total, sur la période récente, le Conseil de la HABG a examiné 92 dossiers ayant abouti à l’ouverture de 53 enquêtes. Ces investigations ont permis la transmission de 25 procès-verbaux au pôle pénal économique et financier ainsi que l’interpellation et le déferrement de 30 personnes impliquées dans des faits présumés de corruption.
Face à cette situation, la Côte d’Ivoire a adopté en juin 2024 une Stratégie nationale de lutte contre la corruption reposant sur cinq axes majeurs, a rappelé le président de la HABG. Cette stratégie privilégie autant la prévention que la répression, à travers la sensibilisation, la digitalisation des procédures, le renforcement des contrôles et la promotion de l’intégrité dans les administrations publiques.
Épiphane Zoro Bi Ballo a également mis en avant les progrès réalisés par le pays en matière de gouvernance. L’indice de perception de la corruption de la Côte d’Ivoire est passé de 27 points sur 100 en 2013 à 43 points sur 100 en 2025, tandis que le pays a progressé du 136e au 76e rang mondial sur 180 pays évalués.
Pour le président de la HABG, ces avancées traduisent les efforts consentis par l’État ivoirien pour renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion publique, même si des défis importants demeurent dans plusieurs secteurs stratégiques en contact direct avec les citoyens.
Lambert KOUAME
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