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Des producteurs de Cacao alertent sur des stocks toujours bloqués dans les coopératives
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Le président de l’Association des producteurs de café et de cacao de Côte d’Ivoire (ASPCACC), Karim Sermé, a animé un point de presse ce mercredi 11 mars 2026 pour alerter sur la situation préoccupante des stocks de cacao encore entreposés dans les coopératives et les magasins des producteurs à travers le pays.

Devant la presse, les responsables de l’association ont tenu à préciser que leur démarche s’inscrit dans un esprit de responsabilité et de dialogue avec les autorités. « Nous sommes dans un État de droit et respectons les règles. Nous ne sommes pas venus dans un esprit de confrontation, mais pour porter une information afin que chacun comprenne la situation que vivent les producteurs », ont-ils indiqué en introduction.

L’ASPCACC a également exprimé sa reconnaissance aux autorités ivoiriennes pour les efforts déjà consentis en faveur de la filière café-cacao. Les responsables de l’organisation ont notamment salué les mesures prises par le gouvernement et les actions engagées par les structures en charge de la filière.

Cependant, malgré ces efforts, l’association affirme qu’une quantité importante de cacao reste encore stockée dans les différentes zones de production. Selon Karim Sermé, entre 40 000 et 45 000 tonnes de cacao demeurent dans les magasins.

« Nos stocks de cacao sont encore entassés dans les magasins. Il reste une quantité importante qui doit être enlevée pour permettre aux producteurs de vivre de leur travail », a déclaré le président de l’ASPCACC.

Il souligne que cette situation fragilise de nombreux planteurs, dont les revenus dépendent presque exclusivement de la vente de leurs récoltes. Dans plusieurs localités rurales, certains producteurs affirment attendre leur paiement depuis plusieurs mois.

« Dans certains villages, des producteurs ont vendu leur cacao depuis le mois de novembre et n’ont toujours pas reçu leur argent. Cette situation crée des tensions avec les travailleurs agricoles qui attendent eux aussi d’être payés », a expliqué Karim Sermé.

Face à ces difficultés, l’ASPCACC lance un appel au chef de l’État afin que les mesures engagées pour soutenir la filière soient poursuivies jusqu’à l’enlèvement complet des stocks encore disponibles.

« Nous demandons humblement au président de la République de faire encore un effort afin que tous les stocks de cacao soient enlevés. Le producteur n’a pas d’autre source de revenu que la vente de son café et de son cacao », a insisté Karim Sermé.

Le vice-président de l’association, Benjamin Kouamé, a pour sa part mis en garde contre les conséquences financières que pourrait entraîner la persistance de ces stocks dans les coopératives. Selon lui, la commercialisation du cacao repose largement sur les organisations de producteurs qui préfinancent l’achat du produit auprès des planteurs.

Il a rappelé que le cacao actuellement stocké dans les coopératives a été acheté sur la base du prix fixé lors de la grande campagne, autour de 2 800 francs CFA le kilogramme.

« Si ce cacao devait être écoulé aujourd’hui à un prix nettement inférieur, autour de 1 200 francs, les pertes pour les coopératives seraient considérables », a-t-il averti.

Pour Benjamin Kouamé, cette situation pourrait mettre en péril l’équilibre financier de nombreuses organisations de producteurs, certaines ayant contracté d’importants emprunts pour financer l’achat du cacao.

« Les dettes contractées se chiffrent en milliards de francs CFA. Si rien n’est fait, toute la structuration bâtie autour des organisations de producteurs risque de s’effondrer », a-t-il prévenu.

Tout en réaffirmant leur reconnaissance aux autorités pour les actions déjà engagées, les responsables de l’ASPCACC espèrent qu’une solution rapide permettra de résorber les stocks restants et d’éviter une crise plus profonde dans la filière café-cacao, pilier de l’économie ivoirienne.

 

GZ

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