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Élevage, pêche et aquaculture : la Côte d’Ivoire veut mobiliser 2 000 milliards de FCFA pour renforcer sa production nationale
Aujourd'hui, 16:38

Le ministre Sidi Touré a dévoilé les grandes ambitions de son département ministériel

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La Côte d’Ivoire ambitionne de mobiliser environ 2 000 milliards de FCFA, dont 80% attendus du secteur privé, pour développer les filières de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture et porter la couverture des besoins nationaux en protéines animales et halieutiques de 35 à 36% actuellement à 75% d’ici à 2030, a annoncé lundi 26 octobre 2026, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Touré.

Intervenant à la troisième édition des « Grands rendez-vous de l’AIP », le ministre a présenté les grandes orientations de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA) pour la période 2026-2030, qui vise à renforcer la production nationale et à réduire la dépendance du pays aux importations.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement entend s’appuyer sur les investisseurs privés, les éleveurs, les pêcheurs et les transformateurs nationaux, avec pour ambition de faire de la production locale le principal moteur de la souveraineté alimentaire.

Le dispositif prévoit notamment la création de 14 zones de développement de l’élevage et de l’aquaculture, destinées à favoriser l’émergence de pôles de production et de champions nationaux dans les différentes localités. Des centres d’application, un fonds de promotion des activités animales et aquacoles ainsi que des guichets de financement décentralisés figurent également parmi les mécanismes d’accompagnement annoncés.

Cette nouvelle orientation s’appuie sur les résultats enregistrés dans le cadre de la première génération de la PONADEPA, couvrant la période 2022-2025. Selon M. Touré, la production de viandes et d’abats a progressé de près de 27%, atteignant 231 000 tonnes, tandis que celle de la volaille a augmenté de plus de 35% et celle des petits ruminants de près de 31%.

La production aquacole a également plus que doublé, passant de 6 300 tonnes en 2022 à 12 895 tonnes en 2025.

Malgré ces avancées, le ministre a relevé que la production nationale ne couvre actuellement que 49% des besoins en viande, 12% des besoins en poisson et 15% des besoins en lait. Cette insuffisance contribue au recours aux importations de bétail sur pied et de produits halieutiques, dont le coût a été estimé à près de 780 milliards de FCFA en 2024.

Pour Sidi Touré, l’enjeu consiste désormais à consolider les acquis en privilégiant la production nationale, sans pour autant rompre les échanges commerciaux avec l’extérieur, qui demeurent nécessaires pour compléter l’offre locale.

Il a souligné que la Côte d’Ivoire dispose d’importants atouts pour relever ce défi, notamment une façade maritime de près de 560 kilomètres, de nombreux plans d’eau lagunaires et continentaux ainsi que de vastes espaces pastoraux.

Le secteur des ressources animales et halieutiques représente environ 700 000 emplois directs et fait vivre près de 2,8 millions de personnes. Il contribue à hauteur de 8,3% au produit intérieur brut (PIB) agricole et de 1,3% au PIB national.

Le ministre a appelé les Ivoiriens à s’intéresser davantage à ces filières, qu’il a présentées comme des secteurs porteurs d’emplois, de revenus et de création de richesses.

« Les Grands rendez-vous de l’AIP » est une plateforme d’échanges permettant aux acteurs de premier plan de l’action publique de présenter leurs projets et les initiatives engagées en faveur des populations.

 

Lambert KOUAME

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