Le PPA-CI juge insuffisante la baisse de 2 500 FCFA sur le poisson et préconise des solutions durables
Pour le PPA-CI, le prix du poisson congelé reste toujours hors de prix malgré la réduction de 2500 FCFA sur le carton de 20 kg de chinchard et de maquereau
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Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) estime que la réduction provisoire de 2 500 FCFA sur le carton de 20 kg de chinchard et de maquereau ne saurait compenser les fortes hausses enregistrées sur les produits halieutiques. Pour freiner durablement l’envolée des prix, le parti préconise notamment un audit des coûts de commercialisation, la transparence sur les marges et le renforcement de la production aquacole nationale.
Dans une déclaration signée le jeudi 22 octobre 2026 à Abidjan par Konaté Navigué, ambassadeur du Pacte social de Laurent Gbagbo, chargé du pilier « Pouvoir d’achat et cherté de la vie », le PPA-CI prend acte de la baisse annoncée par le gouvernement, tout en la jugeant insuffisante au regard de l’ampleur des augmentations constatées sur le marché.
Le parti rappelle que, du 19 au 21 octobre, des commerçantes de poisson congelé d’Abobo, de Daloa et d’autres localités du pays ont exprimé leur mécontentement face à la flambée des prix.
À Daloa, selon les chiffres communiqués à la presse par une responsable des commerçantes, le prix du chinchard « Apolo » a augmenté de 84 %, tandis que celui du poisson Sosso a enregistré une hausse de 156 %. Malgré la réduction annoncée, le carton d’Apolo demeure encore plus de 70 % plus cher qu’avant cette flambée, relève le PPA-CI.
Pour le parti, cette baisse constitue une mesure conjoncturelle qui ne permet pas de répondre durablement aux difficultés des consommateurs. Il estime qu’une réduction de 2 500 FCFA ne peut compenser des augmentations de plusieurs dizaines de milliers de francs CFA sur certains produits halieutiques.
Le PPA-CI déplore également que la hausse des prix touche d’autres espèces, notamment le capitaine, la carpe rouge, la mademoiselle, le brochet et le thon, utilisé dans la préparation du garba, un mets populaire en Côte d’Ivoire.
Pour remédier à cette situation, le parti propose la réalisation d’un audit indépendant et transparent des coûts de débarquement, de conservation et des marges appliquées aux différentes étapes de la commercialisation du poisson. Il demande également la publication périodique des données de l’Observatoire des prix et des marges, afin de permettre aux consommateurs de mieux comprendre l’évolution des prix.
Sur le long terme, le PPA-CI préconise des incitations fiscales en faveur de la production aquacole nationale ainsi qu’un programme de financement et d’accompagnement des jeunes, des femmes et des coopératives engagés dans la pisciculture.
Il appelle, en outre, à accélérer la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA), afin d’accroître la production locale et de réduire la dépendance du pays aux importations.
Le parti justifie ses propositions par la dépendance de la Côte d’Ivoire aux approvisionnements extérieurs, affirmant que le pays importe chaque année plus de 700 000 tonnes de poisson, pour une facture dépassant 500 milliards de FCFA. Cette situation l’exposerait davantage aux fluctuations des marchés internationaux.
Concernant les annonces gouvernementales relatives à la création d’un observatoire des prix et d’une commission de suivi, le PPA-CI estime que leur efficacité dépendra de la volonté des autorités de garantir la transparence et une régulation effective du marché.
« Le véritable enjeu n’est pas d’obtenir, sous la pression populaire, quelques réductions provisoires sur des produits importés. Il est de garantir aux Ivoiriens un accès durable à une alimentation de qualité à des prix abordables », soutient le parti.
Le PPA-CI réaffirme ainsi son attachement à la souveraineté alimentaire et à la défense du pouvoir d’achat, qu’il présente comme des objectifs essentiels de son Pacte social porté par l’ancien président Laurent Gbagbo.
Lambert KOUAME
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