La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la consolidation de sa stratégie sécuritaire et économique. Depuis le mardi, 14 avril 2026, la station balnéaire d’Assinie accueille la quatrième Session nationale de réflexion stratégique (SNRS), centrée sur un enjeu désormais crucial : l’intelligence économique comme outil de souveraineté et de développement.
Organisée par l’Institut d’Études Stratégiques et de Défense (IESD), cette rencontre réunit experts militaires, décideurs publics, acteurs du secteur privé et universitaires autour du thème : « Intelligence économique : quels enjeux pour la sécurité et le développement de la Côte d’Ivoire ? ».
Dans un contexte international marqué par une intensification des rivalités économiques et informationnelles, les autorités ivoiriennes entendent anticiper des menaces de plus en plus complexes. Cybercriminalité, manipulation des marchés, guerre de l’information : autant de risques qualifiés d’« hybrides » qui exigent des réponses coordonnées et structurées.
À l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation, le colonel-major Hervé Franck Koffy, a salué la mobilisation des participants. Il a surtout insisté sur la volonté des pouvoirs publics de faire de l’intelligence économique un véritable levier opérationnel, au service de la sécurité nationale et de la compétitivité économique.
Représentant le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a appelé à des résultats concrets. Il a exhorté les participants à produire « des analyses rigoureuses des vulnérabilités de l’économie ivoirienne, des propositions d’architecture institutionnelle et une feuille de route stratégique directement exploitable par les plus hautes autorités ».
Le membre du gouvernement a également souligné l’interdépendance entre sécurité et prospérité. Avec un produit intérieur brut désormais estimé à plus de 111 milliards de dollars, la Côte d’Ivoire suscite un intérêt croissant, mais aussi des convoitises. D’où la nécessité de renforcer la protection des infrastructures critiques et des ressources naturelles, tout en développant des capacités nationales solides en intelligence économique et en communication stratégique.
Structurés autour de conférences plénières, d’ateliers thématiques et d’une restitution finale, les travaux de cette session devraient déboucher sur des recommandations concrètes pour la mise en place d’un dispositif national d’intelligence économique.
Par cette démarche, la Côte d’Ivoire confirme sa volonté de se doter de mécanismes modernes pour protéger ses intérêts stratégiques, renforcer son influence en Afrique de l’Ouest et inscrire durablement sa croissance dans la perspective de 2030.
Elysa Achi
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