Édito
Dans un football mondial souvent jugé à l’aune des résultats immédiats, il est essentiel de rappeler que la performance durable ne se résume ni à un trophée, ni à une victoire ponctuelle. Elle s’enracine bien plus profondément, dans la qualité des fondations sur lesquelles repose tout projet sportif. Cette conviction, l’ASEC Mimosas l’a intégrée depuis longtemps, en faisant de la formation, de la structuration et du temps des axes majeurs de son développement.
Nous vous proposons ci-dessous la lecture d’un texte écrit par M. Nasser LARGUET, actuel Directeur Technique National de la Fédération Saoudienne de Football et ancien DTN de la Fédération Royale Marocaine de Football. Le regard qu’il porte sur l’évolution du football africain trouve ainsi un écho tout particulier au sein du club jaune et noir. Son analyse dépasse le simple constat pour proposer une grille de lecture précieuse : celle d’un football pensé par la base, construit avec méthode, cohérence et patience. Une approche qui rejoint la philosophie historique de notre association. À travers ce texte, c’est donc bien plus qu’une réflexion théorique qui est proposée aux lecteurs. C’est une invitation à persévérer dans une voie exigeante mais vertueuse, et à rappeler que les succès les plus solides sont ceux qui se construisent patiemment, loin de l’agitation et des jugements hâtifs. Bonne lecture ! Benoît YOU Le football africain progresse : le niveau s’élève et les écarts entre nations se réduisent. Pourtant, il est encore trop souvent évalué par le “haut”, les résultats de l’équipe nationale A plutôt que par ses fondations. Pour installer une performance durable, l’Afrique doit continuer à construire par la base et reconnaître que la mobilité est désormais un élément central du développement. La réussite repose sur trois piliers : les infrastructures, les ressources humaines et le temps. Les infrastructures ne se limitent pas aux grands stades, mais concernent l’environnement quotidien de performance : centres d’entraînement, terrains, salles, médical, éclairage, sécurité. Les ressources humaines dépassent les seuls joueurs : entraîneurs, directeurs techniques, analystes, staff médical et dirigeants de clubs sont décisifs. Enfin, il faut une programmation sur plusieurs années, plutôt qu’une gestion au coup par coup à chaque contre-performance. Le Royaume du Maroc illustre bien cette logique “par le bas” : moderniser les équipements, structurer la formation à tous les niveaux et maintenir l’effort suffisamment longtemps pour que les résultats apparaissent.
La leçon n’est pas de copier un modèle, mais d’accepter une réalité simple : la réussite se construit, elle ne s’improvise pas.
Nasser LARGUET
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